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Questions fréquemment posées
Préparer la Mise en Location
Encadrer la Location
Gérer au Quotidien
Mettre Fin au Bail
Avant de mettre votre bien en location, vous devez réunir les documents applicables à votre logement dans un dossier de diagnostic technique (DDT), annexé au bail lors de sa signature. Leur liste dépend de l’ancienneté du bien, de ses installations et de sa localisation.
Les principaux documents à prévoir sont :
Le DPE — diagnostic de performance énergétique
Il informe sur la consommation énergétique du logement et ses émissions de gaz à effet de serre.
Il est valable 10 ans lorsqu’il a été réalisé depuis le 1er juillet 2021. Les DPE établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne sont plus valables depuis le 1er janvier 2025.
Le CREP — constat de risque d’exposition au plomb
Il est obligatoire pour les logements construits avant le 1er janvier 1949.
Sa durée de validité est illimitée s’il ne révèle pas de plomb ou si la concentration reste sous le seuil réglementaire. En cas de présence de plomb au-delà de ce seuil, il doit dater de moins de 6 ans au moment de la signature du bail.
Le diagnostic gaz
Il est obligatoire lorsque l’installation intérieure de gaz a plus de 15 ans.
En location, il doit avoir été établi depuis moins de 6 ans à la date de signature du bail.
Le diagnostic électricité
Il est obligatoire lorsque l’installation électrique a plus de 15 ans.
En location, il est valable 6 ans.
L’ERP — état des risques et pollutions
Il est requis lorsque le logement est situé dans une zone concernée par des risques naturels, miniers, technologiques, sismiques, liés au radon, au recul du trait de côte ou à certaines obligations de débroussaillement.
Il doit dater de moins de 6 mois, être remis au candidat locataire dès la première visite lorsque celle-ci a lieu, puis annexé au bail.
Le bailleur peut l’établir lui-même gratuitement grâce à l’outil officiel ERRIAL / Géorisques, en renseignant l’adresse du bien, ou en utilisant le formulaire administratif dédié.
L’état des nuisances sonores aériennes, aussi appelé diagnostic bruit
Il est obligatoire si le logement se trouve dans une zone d’exposition au bruit d’un aéroport.
Le bailleur peut le remplir lui-même : il doit d’abord vérifier si le bien est concerné en consultant le plan d’exposition au bruit en ligne, puis compléter le formulaire officiel prévu à cet effet.
La surface habitable du logement
Elle doit être connue avec précision, car elle doit figurer dans l’annonce et dans le bail. Une erreur de plus de 5 % peut permettre au locataire de demander une diminution proportionnelle du loyer.
En pratique, il est vivement recommandé de faire réaliser ou vérifier ce mesurage lors de la constitution du dossier, en particulier si vous ne disposez pas d’une surface fiable ou si le logement a été modifié.
Qui réalise ces documents ?
La majorité des diagnostics — DPE, plomb, gaz, électricité — doivent être réalisés par un diagnostiqueur certifié.
L’ERP et l’état des nuisances sonores aériennes peuvent, eux, être établis directement par le bailleur via les outils et formulaires officiels.
Mieux vaut anticiper ces documents avant même la publication de l’annonce : certains sont utiles dès cette étape, et un dossier incomplet peut retarder la mise en location ou fragiliser la signature du bail.
Les règles de location des logements les plus énergivores se durcissent progressivement.
Un logement classé F ou G au diagnostic de performance énergétique, aussi appelé DPE, peut aujourd’hui être concerné par :
un gel du loyer ;
une interdiction de location selon sa classe énergétique et la date concernée ;
des obligations d’information renforcées dans l’annonce et le bail.
Un logement classé G peut-il encore être loué ?
En France métropolitaine, depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au DPE ne répondent plus au critère de décence énergétique. Ils ne peuvent donc plus faire l’objet d’une nouvelle mise en location. Cette évolution concerne également les baux qui arrivent à renouvellement ou reconduction dans les conditions prévues par la réglementation.
Exemple :
Un propriétaire souhaite louer pour la première fois en mai 2026 un logement classé G.
Il ne peut pas conclure légalement un nouveau bail d’habitation pour ce logement tant que sa performance énergétique n’a pas été améliorée.
Et pour un logement classé F ?
Un logement classé F peut encore être loué en 2026, mais il est déjà soumis à plusieurs contraintes importantes.
En France métropolitaine :
les logements classés F ne pourront plus être proposés à la location à compter du 1er janvier 2028 ;
les logements classés E seront à leur tour concernés à compter du 1er janvier 2034.
Cela signifie qu’un bailleur disposant d’un logement classé F doit dès maintenant anticiper les travaux nécessaires s’il souhaite préserver durablement la possibilité de louer son bien.
Puis-je augmenter le loyer d’un logement classé F ou G ?
Non, dans de nombreux cas.
Depuis le 24 août 2022, les logements classés F ou G sont soumis à un gel du loyer dans les situations prévues par la loi.
Cela signifie notamment qu’un propriétaire ne peut pas :
appliquer l’indexation annuelle du loyer ;
augmenter le loyer lors du renouvellement du bail ;
augmenter librement le loyer entre deux locataires lorsque la réglementation applicable l’interdit.
Quelles informations doivent apparaître dans l’annonce ?
Lorsqu’un logement est classé F ou G, l’annonce de location doit comporter la mention : “Logement à consommation énergétique excessive”
Elle doit également indiquer :
la classe énergie ;
la classe climat ;
l’estimation des dépenses annuelles d’énergie du logement, lorsque cette mention est requise.
Ces obligations visent à informer clairement le futur locataire sur la performance énergétique du bien.
Que risque un bailleur s’il loue malgré l’interdiction ?
Lorsqu’un logement ne respecte plus les critères de décence énergétique, le locataire peut agir pour demander la mise en conformité du logement. Le juge peut notamment ordonner la réalisation de travaux, voire réduire le loyer selon la situation.
Le sujet doit donc être traité sérieusement. Louer un logement devenu juridiquement non décent n’est pas un simple “retard de travaux” : cela fragilise directement la relation locative et expose le bailleur à un contentieux.
À retenir
En France métropolitaine :
les logements classés G ne peuvent plus être nouvellement loués depuis le 1er janvier 2025 ;
les logements classés F seront concernés à compter du 1er janvier 2028 ;
les logements classés E le seront à compter du 1er janvier 2034 ;
les loyers des logements F et G sont soumis à un gel dans plusieurs situations depuis le 24 août 2022 ;
les annonces doivent comporter les mentions énergétiques obligatoires, dont la mention “logement à consommation énergétique excessive” pour les classes F et G.
Dans certaines communes ou certains quartiers, un propriétaire doit accomplir une formalité spécifique avant ou après la mise en location d’un logement. On parle couramment de “permis de louer”.
Ce dispositif a été mis en place pour lutter contre l’habitat indigne et permettre aux collectivités de mieux contrôler la qualité des logements proposés à la location.
Deux dispositifs peuvent exister
Le terme “permis de louer” recouvre en réalité deux régimes différents :
la déclaration de mise en location ;
l’autorisation préalable de mise en location.
La déclaration de mise en location
Dans certaines zones, le propriétaire doit transmettre une déclaration de mise en location à la collectivité compétente.
Cette déclaration doit être effectuée :
dans les 15 jours suivant la signature du bail ;
pour chaque nouveau contrat de location ;
mais elle n’est pas requise en cas de renouvellement, reconduction ou simple avenant au bail existant.
Une fois la déclaration complète reçue, un récépissé est délivré au bailleur. Une copie doit être remise au locataire.
L’autorisation préalable de mise en location
Dans d’autres secteurs, la mise en location est soumise à une autorisation préalable.
Dans ce cas, le propriétaire doit obtenir l’accord de la collectivité avant de signer le bail. Cette autorisation :
est exigée pour toute nouvelle mise en location ;
n’est pas requise pour un renouvellement, une reconduction ou un avenant ;
doit être annexée au bail lorsqu’elle est accordée ;
est valable pour une mise en location dans un délai déterminé.
Comment savoir si mon logement est concerné ?
Le dispositif dépend de la politique adoptée localement par la commune ou l’intercommunalité.
Le bailleur doit donc vérifier :
si la commune du logement a mis en place un permis de louer ;
si le quartier ou le secteur où se situe le bien est concerné ;
et lequel des deux régimes s’applique : déclaration ou autorisation préalable.
Quels documents faut-il transmettre ?
La formalité s’effectue à l’aide d’un formulaire adapté, accompagné des diagnostics techniques obligatoires.
Selon le régime applicable, le dossier doit notamment permettre à la collectivité de vérifier que le logement ne présente pas de caractéristiques manifestes d’indignité ou de non-décence.
Que se passe-t-il si je ne respecte pas la procédure ?
L’absence de déclaration ou d’autorisation n’annule pas automatiquement le bail, mais elle peut entraîner des sanctions financières.
L’absence de déclaration de mise en location peut être sanctionnée par une amende pouvant aller jusqu’à 5 000 €.
La mise en location sans autorisation préalable, ou malgré un refus, peut également entraîner une amende, avec des montants aggravés en cas de récidive ou de mise en location malgré refus.
À retenir
Votre logement peut être concerné par un permis de louer si la commune ou l’intercommunalité a instauré ce dispositif sur son territoire.
Il existe deux possibilités :
une déclaration de mise en location à effectuer après la signature du bail ;
une autorisation préalable à obtenir avant de louer.
Avant toute mise en location, il est donc essentiel de vérifier la règle applicable localement.
Une zone tendue est une commune dans laquelle la demande de logements est particulièrement forte par rapport à l’offre disponible. Cette tension du marché entraîne l’application de règles spécifiques en matière de location.
Pour un propriétaire bailleur, être situé en zone tendue peut avoir des conséquences sur :
la fixation ou l’évolution du loyer ;
le délai de préavis du locataire ;
et, dans certaines communes, l’application d’un encadrement local des loyers avec loyers de référence.
Comment savoir si mon logement est situé en zone tendue ?
La notion de zone tendue dépend de la commune dans laquelle se trouve le logement.
Il existe une liste réglementaire des communes concernées.
Il est donc indispensable de vérifier la situation du bien avant :
de fixer un loyer ;
de relouer après le départ d’un locataire ;
ou d’analyser le préavis applicable lorsqu’un locataire donne congé.
Quelles conséquences sur le loyer ?
Dans les communes classées en zone tendue, l’évolution du loyer entre deux locations ou lors du renouvellement du bail peut être encadrée.
Dans de nombreux cas, le bailleur ne peut pas simplement fixer un nouveau loyer librement à la hausse lors d’une relocation. Des règles spécifiques peuvent limiter cette augmentation, sauf exceptions prévues par les textes.
Il faut donc distinguer :
la première mise en location, qui peut relever d’un principe de liberté sauf réglementation locale spécifique ;
la relocation d’un logement déjà loué ;
le renouvellement du bail, qui suit lui aussi des règles propres.
Zone tendue et encadrement des loyers : est-ce la même chose ?
Non. C’est une confusion très fréquente.
Toutes les communes soumises à un encadrement des loyers avec loyer de référence sont situées en zone tendue, mais toutes les zones tendues ne sont pas soumises à cet encadrement renforcé.
Il existe donc deux niveaux à distinguer :
la zone tendue, qui peut notamment encadrer l’évolution du loyer ;
l’encadrement local des loyers, qui impose un plafond de loyer à ne pas dépasser selon des loyers de référence fixés par arrêté.
Quelle conséquence sur le préavis du locataire ?
Lorsqu’un logement vide est situé en zone tendue, le locataire peut bénéficier d’un préavis réduit à un mois, au lieu de trois mois habituellement.
Il doit simplement indiquer dans son congé que le logement est situé en zone tendue.
Exemple :
Un locataire d’un logement vide situé dans une commune classée en zone tendue donne congé.
Son préavis est de 1 mois.
À retenir
La zone tendue peut avoir plusieurs effets sur une location :
elle peut limiter l’augmentation du loyer entre deux locataires ou lors du renouvellement du bail ;
elle peut ouvrir droit à un préavis réduit à un mois pour le locataire d’un logement vide ;
certaines communes situées en zone tendue appliquent en plus un encadrement local des loyers avec loyer de référence majoré.
Avant de fixer ou d’augmenter un loyer, il faut donc toujours commencer par vérifier si le logement est situé en zone tendue et si une réglementation locale supplémentaire s’applique.
Dans certaines communes soumises à l’encadrement des loyers, le montant du loyer ne peut pas être fixé librement. Il doit respecter un plafond déterminé à partir d’un loyer de référence.
Ce dispositif concerne seulement certains territoires précis. Il ne s’applique pas à toutes les locations situées en zone tendue.
Le loyer de référence
Le loyer de référence correspond à un montant exprimé en euros par mètre carré de surface habitable. Il est fixé chaque année par arrêté préfectoral selon plusieurs critères, notamment :
la localisation du logement ;
le type de location : vide ou meublée ;
le nombre de pièces principales ;
l’époque de construction de l’immeuble.
Ce loyer de référence sert de base au calcul du loyer de référence majoré et du loyer de référence minoré.
Le loyer de référence majoré
Le loyer de référence majoré correspond au loyer de référence augmenté de 20 %.
C’est le plafond légal à ne pas dépasser pour le loyer de base, hors complément de loyer éventuellement applicable dans des conditions très strictes.
Exemple :
Si le loyer de référence applicable est de 20 €/m², le loyer de référence majoré sera de :
20 € + 20 % = 24 €/m²
Pour un logement de 40 m², le loyer de base ne devra donc pas dépasser :
40 × 24 € = 960 € hors charges.
Le loyer de référence minoré
Le loyer de référence minoré correspond au loyer de référence diminué de 30 %.
Il sert notamment de point de comparaison dans certains dispositifs permettant au bailleur de demander une réévaluation du loyer lors du renouvellement du bail, lorsque le loyer pratiqué est manifestement sous-évalué.
Que doit indiquer le bail ?
Dans les territoires soumis à l’encadrement des loyers, le bail doit mentionner :
le loyer de référence ;
le loyer de référence majoré ;
le loyer de base appliqué au locataire ;
et, le cas échéant, le complément de loyer et sa justification.
Que risque le bailleur si le loyer dépasse le plafond ?
Si le loyer de base fixé dans le bail dépasse le loyer de référence majoré, le locataire peut engager une démarche pour demander sa diminution. Il peut notamment saisir la commission départementale de conciliation, puis le juge si nécessaire.
À retenir
Dans les communes concernées par l’encadrement des loyers :
le loyer de référence sert de base ;
le loyer de référence majoré fixe le plafond du loyer de base ;
le loyer de référence minoré correspond à une référence plus basse utilisée notamment pour apprécier un loyer sous-évalué ;
le bail doit mentionner les loyers de référence applicables.
Dans certaines communes soumises à l’encadrement des loyers, un propriétaire peut, dans des cas très précis, demander un complément de loyer en plus du loyer de base.
Ce mécanisme existe pour tenir compte de caractéristiques réellement exceptionnelles du logement, qui ne sont pas déjà prises en compte dans le calcul du loyer de référence.
Dans quels cas un complément de loyer est-il possible ?
Un complément de loyer ne peut être envisagé que si plusieurs conditions sont réunies.
Le logement doit :
être situé dans une commune où s’applique l’encadrement des loyers ;
avoir un loyer de base fixé au moins au niveau du loyer de référence majoré ;
présenter des caractéristiques de localisation ou de confort réellement particulières par rapport aux logements comparables du même secteur.
Ces caractéristiques doivent :
être déterminantes pour la fixation du loyer ;
ne pas avoir déjà été prises en compte pour déterminer le loyer de référence ;
ne pas correspondre à des charges récupérables ou à des travaux d’économie d’énergie déjà valorisés autrement.
Peut-on appliquer un complément de loyer à n’importe quel logement “agréable” ?
Non. Un complément de loyer n’est pas justifié simplement parce qu’un appartement est “joli”, “bien décoré” ou “refait avec goût”.
Il faut que le bien présente une particularité réellement distinctive par rapport aux logements comparables du voisinage.
Selon les cas, cela peut par exemple concerner :
une vue particulièrement remarquable ;
un équipement très rare dans le secteur ;
ou une caractéristique de confort objectivement exceptionnelle.
Chaque situation doit toutefois être appréciée avec prudence.
Dans quels cas le complément de loyer est-il interdit ?
Depuis le 18 août 2022, il est interdit d’appliquer un complément de loyer lorsqu’un logement présente certaines caractéristiques défavorables.
C’est notamment le cas si le logement :
dispose de sanitaires sur le palier ;
présente des traces d’humidité ;
est classé F ou G au DPE ;
présente des fenêtres laissant passer anormalement l’air ;
fait face à un vis-à-vis très proche ;
subit des infiltrations ou inondations venant de l’extérieur ;
présente des problèmes d’évacuation d’eau survenus récemment ;
possède une installation électrique dégradée ;
ou bénéficie d’une mauvaise exposition de la pièce principale.
Que doit indiquer le bail ?
Lorsque le bailleur applique un complément de loyer, le contrat de location doit préciser :
le montant du complément ;
les caractéristiques précises qui le justifient.
Cette mention ne doit pas rester vague. Il ne suffit pas d’écrire “logement exceptionnel” ou “prestations de qualité”. Le motif doit être concret.
Le locataire peut-il contester le complément de loyer ?
Oui. Le locataire peut contester le complément de loyer dans un délai de 3 mois à compter de la signature du bail.
Il doit d’abord saisir la commission départementale de conciliation. Si aucun accord n’est trouvé, il peut ensuite saisir le juge.
En cas de contestation, c’est au bailleur de démontrer que le complément est réellement justifié. Le juge peut :
maintenir le complément ;
le réduire ;
ou le supprimer totalement, avec effet rétroactif à la date de prise d’effet du bail.
À retenir
Un complément de loyer est possible uniquement :
dans les territoires soumis à l’encadrement des loyers ;
lorsque le loyer de base atteint déjà le loyer de référence majoré ;
et lorsque le logement présente une caractéristique réellement exceptionnelle, non déjà prise en compte dans la détermination du loyer de référence.
Il est interdit si le logement présente certains défauts, notamment s’il est classé F ou G au DPE. Le bail doit être précis, et le locataire peut contester le complément dans les 3 mois suivant la signature du contrat.
Fixer le loyer d’un logement ne consiste pas simplement à observer quelques annonces similaires et à choisir le montant le plus séduisant.
Le bon loyer est celui qui respecte la réglementation applicable, reste cohérent avec le marché local et correspond réellement aux caractéristiques du bien.
1. Vérifiez d’abord les règles applicables au logement
Avant de réfléchir au positionnement économique du bien, il faut déterminer si le loyer est soumis à une contrainte juridique particulière.
Il convient notamment de vérifier :
si le logement est situé en zone tendue ;
s’il est dans une commune concernée par l’encadrement des loyers ;
s’il s’agit d’une première mise en location ou d’une relocation ;
si le logement est classé F ou G au DPE.
2. Si le logement est situé hors dispositif spécifique
En dehors des règles particulières applicables à certaines communes ou à certains logements énergivores, le loyer d’un logement d’habitation est en principe fixé librement lors de sa première mise en location.
Cela ne signifie pas qu’il faut viser le montant le plus élevé imaginable.
Un loyer surévalué peut :
ralentir la mise en location ;
attirer moins de candidats ;
augmenter le risque de vacance ;
et créer une rotation plus forte si le locataire se rend compte qu’il paie nettement au-dessus du marché.
3. En zone tendue, attention à la relocation
Si le logement est situé en zone tendue, la hausse du loyer entre deux locataires ou lors du renouvellement du bail peut être encadrée.
Dans certains cas, le nouveau loyer doit rester proche de celui du précédent locataire, sauf exceptions prévues par les textes, par exemple en cas de travaux ou de loyer manifestement sous-évalué dans les conditions autorisées.
Il est donc indispensable de conserver :
le montant du dernier loyer appliqué ;
les éventuelles révisions déjà intervenues ;
et les justificatifs pouvant expliquer une évolution autorisée.
4. En encadrement des loyers, respectez le plafond applicable
Dans certaines communes, le loyer doit respecter un loyer de référence majoré fixé par arrêté.
Le bailleur doit alors vérifier :
le loyer de référence applicable au logement ;
le loyer de référence majoré ;
le loyer de référence minoré ;
et, le cas échéant, si un complément de loyer est envisageable dans les conditions strictement prévues.
5. Si le logement est classé F ou G, vérifiez le gel du loyer
Les logements classés F ou G au DPE sont soumis à un gel du loyer dans plusieurs situations depuis le 24 août 2022.
Le bailleur doit donc s’assurer qu’il ne procède pas à une augmentation interdite :
lors d’une indexation annuelle ;
lors d’un renouvellement ;
ou dans certaines hypothèses de relocation.
6. Comparez ensuite avec le marché réel
Une fois le cadre juridique identifié, il faut comparer le bien à des logements réellement similaires.
Les principaux critères à prendre en compte sont :
la localisation précise ;
la surface ;
le nombre de pièces ;
l’état général ;
les annexes : cave, balcon, parking, extérieur ;
les équipements ;
le caractère vide ou meublé ;
et la qualité globale du bien.
Les observatoires locaux des loyers et les outils de comparaison disponibles peuvent aider à affiner cette analyse.
7. Gardez une logique locative, pas seulement patrimoniale
Un loyer pertinent est un loyer qui permet au logement d’être loué dans de bonnes conditions, avec un candidat solvable et une relation locative saine.
Un loyer trop bas peut évidemment pénaliser le rendement.
Mais un loyer trop haut peut générer :
davantage de vacance ;
une négociation permanente ;
ou des profils de candidats moins stables.
Le bon équilibre est rarement celui qui maximise une ligne Excel à court terme. Il sécurise surtout la location sur la durée.
À retenir
Pour fixer correctement un loyer, il faut :
vérifier si le logement est en zone tendue ;
identifier s’il relève de l’encadrement des loyers ;
tenir compte du DPE, notamment en cas de classe F ou G ;
vérifier les règles applicables en cas de relocation ;
comparer le bien à des références de marché réellement pertinentes ;
retenir un montant cohérent à la fois juridiquement, économiquement et locativement.
Lorsque vous mettez un logement en location, les règles applicables ne dépendent pas seulement du bien ou du type de bail choisi.
Elles peuvent aussi varier selon la qualité juridique du bailleur :
un propriétaire qui loue en nom propre ;
une SCI familiale ;
ou une SCI qui ne remplit pas les critères de la SCI familiale, souvent appelée, par commodité, SCI non familiale.
Cette distinction est loin d’être anodine. Elle peut avoir un impact sur la durée du bail, la possibilité de demander une caution, et certains droits du bailleur, notamment en cas de reprise du logement.
1. Louer en nom propre
Lorsque vous êtes propriétaire du logement à titre personnel, vous êtes un bailleur personne physique.
Pour une location vide constituant la résidence principale du locataire, le bail est conclu pour une durée minimale de 3 ans. S’il n’est pas résilié dans les conditions prévues par la loi, il est ensuite reconduit ou renouvelé pour une durée équivalente.
En tant que bailleur personne physique, vous pouvez également demander une caution au locataire, à condition de ne pas déjà bénéficier d’une garantie incompatible, comme une assurance loyers impayés, sauf exception prévue par la loi.
Enfin, à l’échéance du bail, vous pouvez, sous conditions, donner congé pour reprendre le logement, afin de l’occuper vous-même ou d’y loger l’un des bénéficiaires autorisés par la loi.
2. Louer via une SCI familiale
Une SCI familiale, au sens de la loi du 6 juillet 1989, est une société civile constituée exclusivement entre parents et alliés jusqu’au quatrième degré inclus.
Autrement dit, une SCI n’est pas automatiquement “familiale” parce qu’elle a été créée entre proches : elle doit répondre à cette définition précise.
Pour une location vide, la SCI familiale bénéficie d’un régime proche de celui du bailleur personne physique :
le bail est conclu pour une durée minimale de 3 ans ;
elle peut demander une caution, dans les mêmes limites qu’un bailleur particulier ;
elle peut, dans certaines conditions, donner congé pour reprise du logement, mais uniquement au profit de l’un de ses associés.
Ce dernier point mérite d’être souligné : une SCI familiale ne peut pas reprendre le logement pour y installer n’importe quel proche d’un associé. La reprise doit bénéficier à un associé de la SCI.
3. Louer via une SCI non familiale
Lorsqu’une SCI ne respecte pas la définition légale de la SCI familiale, elle est traitée, pour plusieurs règles locatives, comme une personne morale.
En location vide, cela change d’abord la durée du bail :
le contrat doit être conclu pour une durée minimale de 6 ans ;
en cas de reconduction tacite ou de renouvellement, la durée reste également de 6 ans.
La question de la caution est aussi beaucoup plus encadrée.
Une personne morale autre qu’une SCI familiale ne peut demander un cautionnement que dans deux situations :
si la caution est apportée par l’un des organismes autorisés par la réglementation ;
ou si le logement est loué à un étudiant ne bénéficiant pas d’une bourse de l’enseignement supérieur.
Concrètement, les organismes autorisés sont notamment :
les fonds de solidarité pour le logement et fonds locaux assimilés ;
certains organismes liés à la participation des employeurs à l’effort de construction ;
les associations bénéficiant de la garantie d’un fonds de solidarité pour le logement ;
plus largement, les organismes ou associations qui apportent gratuitement leur caution afin de favoriser l’accès au logement.
Cela signifie qu’une SCI non familiale ne peut pas, dans la plupart des cas, demander librement le garant personnel d’un locataire comme le ferait un propriétaire en nom propre ou une SCI familiale.
Concernant le congé pour reprise en location vide, le mécanisme prévu au profit des associés est réservé aux SCI familiales. Une SCI non familiale ne bénéficie donc pas de cette faculté dans les mêmes conditions.
4. Et en location meublée ?
La distinction entre bailleur en nom propre, SCI familiale ou SCI non familiale n’a pas le même effet sur la durée du bail meublé.
Pour une location meublée constituant la résidence principale du locataire :
le bail est conclu pour 1 an ;
il peut être conclu pour 9 mois lorsque le locataire est étudiant.
Cette durée ne varie pas selon que le bailleur est une personne physique, une SCI familiale ou une autre personne morale.
En revanche, la règle relative au cautionnement demandé par une personne morale autre qu’une SCI familiale reste applicable aux locations meublées de résidence principale.
Autrement dit, une SCI non familiale qui loue un meublé ne peut pas non plus demander librement une caution personnelle, sauf dans les cas autorisés par la loi.
5. Pourquoi cette distinction est-elle importante ?
Parce qu’un bailleur qui ne tient pas compte de sa propre qualité juridique peut facilement :
utiliser une mauvaise durée de bail ;
demander une caution alors que la loi ne le permet pas dans sa situation ;
bâtir une stratégie de reprise du logement qui ne sera pas juridiquement sécurisée ;
ou utiliser un modèle de contrat inadapté à son statut.
Le logement peut être le même, le locataire aussi. Pourtant, selon que le bailleur est une personne physique, une SCI familiale ou une SCI non familiale, le cadre juridique n’est pas exactement le même. Voilà pourquoi les modèles de bail “universels” trouvés en trois clics sur Internet méritent parfois un léger soupçon de méfiance.
À retenir
Bailleur en nom propre :
bail vide de 3 ans, possibilité de demander une caution sous conditions, congé pour reprise possible dans le cadre prévu par la loi.
SCI familiale :
assimilée sur plusieurs points au bailleur personne physique ; bail vide de 3 ans, caution possible sous conditions, reprise possible au profit d’un associé.
SCI non familiale :
bail vide de 6 ans, cautionnement très strictement encadré, pas de reprise au profit d’un associé dans les mêmes conditions qu’une SCI familiale.
En location meublée :
la durée reste en principe de 1 an, ou 9 mois pour un étudiant, quelle que soit la qualité du bailleur ; en revanche, les restrictions sur la caution demandée par une personne morale restent à prendre en compte.
Le choix entre location vide et location meublée ne dépend pas seulement du loyer que vous espérez percevoir. Il influence aussi la durée du bail, le profil des locataires, le niveau d’équipement attendu, la gestion au quotidien et la fiscalité applicable à vos revenus locatifs.
1. La location vide : un cadre plus stable
La location vide convient souvent mieux lorsque vous recherchez une occupation plus durable du logement.
Pour un bailleur personne physique, le bail est en principe conclu pour 3 ans, avec un dépôt de garantie limité à 1 mois de loyer hors charges. Le locataire peut donner congé avec un préavis de 3 mois, réduit à 1 mois dans certaines situations, notamment en zone tendue.
Ce format est généralement adapté :
aux logements familiaux ;
aux biens situés dans des secteurs où les locataires s’installent sur la durée ;
aux propriétaires qui souhaitent une gestion plus stable, avec moins de changements d’occupants.
2. La location meublée : plus souple, mais plus exigeante
La location meublée offre un cadre plus flexible. Le bail est en principe conclu pour 1 an, ou 9 mois lorsque le locataire est étudiant. Le dépôt de garantie peut atteindre 2 mois de loyer hors charges, et le locataire peut partir avec un préavis de 1 mois.
Mais un logement meublé ne se résume pas à quelques meubles laissés sur place. Pour être juridiquement considéré comme meublé, il doit contenir l’ensemble des équipements permettant au locataire d’y vivre normalement dès son arrivée : literie, plaques de cuisson, réfrigérateur, vaisselle, table, sièges, luminaires, matériel d’entretien, etc. Un inventaire et un état détaillé du mobilier doivent également être annexés au bail.
Ce choix peut être pertinent :
pour un studio ou un petit logement ;
dans les secteurs étudiants, très urbains ou marqués par une forte mobilité ;
si vous êtes prêt à gérer davantage l’ameublement, son suivi et la rotation locative.
3. Une charge d’équipement plus importante en meublé
Louer meublé implique aussi une responsabilité matérielle plus large pour le bailleur.
Puisque le mobilier et les équipements font partie intégrante de la location, ils doivent rester présents et utilisables pendant la durée du bail.
En pratique, lorsqu’un équipement devient hors d’usage en raison de la vétusté ou de l’usure normale, et non à cause d’une dégradation imputable au locataire, son remplacement relève du propriétaire. Cela peut concerner, par exemple, un réfrigérateur qui tombe en panne, une literie devenue inutilisable ou un appareil indispensable au caractère meublé du logement. Cette charge supplémentaire doit être anticipée au moment de choisir le type de location.
4. Les charges locatives ne se gèrent pas tout à fait de la même manière
En location vide, les charges sont nécessairement appelées sous forme de provisions, avec une régularisation annuelle.
En location meublée, vous pouvez choisir entre :
des provisions avec régularisation annuelle ;
ou un forfait de charges, fixé à l’avance et non régularisable.
C’est un point à anticiper, car il modifie la manière dont vous structurez votre bail et suivez les dépenses liées au logement.
5. Un impact fiscal et comptable à anticiper
Le choix entre location vide et location meublée a aussi des conséquences sur la déclaration de vos revenus :
les loyers d’une location vide sont déclarés dans la catégorie des revenus fonciers ;
les loyers d’une location meublée relèvent des bénéfices industriels et commerciaux, plus souvent appelés BIC.
En location meublée, les obligations déclaratives peuvent être plus techniques, en particulier si vous relevez du régime réel, qui suppose de tenir une comptabilité adaptée et de déterminer un résultat fiscal.
Ce point ne doit pas forcément décider seul du type de location, mais il mérite d’être étudié avant de choisir. Un mode de location séduisant sur le papier peut devenir moins confortable si ses conséquences comptables et fiscales n’ont pas été anticipées.
6. Le bon choix dépend surtout de votre bien et de votre objectif
Avant de trancher, il faut vous demander :
Quel type de locataire est le plus cohérent avec ce logement ?
Le bien se prête-t-il réellement à une location meublée ?
Souhaitez-vous privilégier la stabilité ou davantage de souplesse ?
Êtes-vous prêt à assumer les obligations supplémentaires liées au mobilier et à son renouvellement ?
Avez-vous pris en compte les conséquences fiscales du régime choisi ?
Un logement ne devient pas automatiquement plus intéressant parce qu’il est loué meublé. Si le bien, son emplacement ou votre manière de gérer ne s’y prêtent pas, le choix peut vite devenir moins pertinent qu’il n’y paraît.
À retenir
Location vide : plus stable, bail plus long, gestion matérielle souvent plus légère.
Location meublée : plus souple, mais encadrée par une liste précise de mobilier, une responsabilité d’équipement plus importante et un régime fiscal distinct.
Le bon choix n’est pas universel : il dépend du logement, du marché local, de votre objectif de gestion et de votre capacité à suivre les obligations associées.
Le type de bail à utiliser dépend avant tout de l’usage réel du logement, de sa durée d’occupation prévue et du profil du locataire.
On ne choisit donc pas un bail uniquement parce qu’il paraît plus souple ou plus avantageux : il doit correspondre à la situation concrète. Dans le cas contraire, le contrat peut être contesté ou requalifié.
1. Le bail de location vide
Il concerne un logement loué non meublé, constituant la résidence principale du locataire.
Lorsque le bailleur est une personne physique, la durée du bail est en principe de 3 ans minimum, avec reconduction à son échéance si aucune des parties ne donne congé dans les formes prévues.
Ce bail est souvent adapté :
aux logements familiaux ;
aux locations que l’on souhaite inscrire dans la durée ;
aux bailleurs qui recherchent davantage de stabilité locative.
2. Le bail de location meublée classique
Il concerne un logement loué meublé, constituant lui aussi la résidence principale du locataire.
Le bail est conclu pour une durée minimale de 1 an, puis il se renouvelle tacitement si aucune des parties ne donne congé.
Ce format peut être pertinent :
pour des studios ou petits logements ;
dans des secteurs où la mobilité des locataires est plus forte ;
pour les propriétaires qui souhaitent proposer un logement immédiatement habitable.
3. Le bail meublé étudiant de 9 mois
Lorsqu’un logement meublé est loué à un étudiant, il est possible de conclure un bail d’une durée de 9 mois.
Contrairement au bail meublé classique d’un an, ce bail ne se renouvelle pas automatiquement : il prend fin à son terme, sans congé à délivrer. Un nouveau contrat doit être signé si les parties souhaitent poursuivre la location.
Ce format est particulièrement adapté aux logements situés dans des villes ou quartiers étudiants, à condition qu’il corresponde bien à la situation du locataire.
4. Le bail mobilité
Le bail mobilité est un contrat de location de courte durée portant sur un logement meublé.
Il peut être conclu avec certains locataires en situation temporaire : étudiant, stagiaire, apprenti, salarié en mutation professionnelle, en mission temporaire, en formation professionnelle ou engagé dans un service civique, notamment.
Sa durée est comprise entre 1 et 10 mois. Il est non renouvelable et non reconductible, même si sa durée peut être ajustée une fois par avenant, sans dépasser la limite maximale prévue.
Le bail mobilité peut être très utile dans certains cas, mais il ne peut pas être choisi simplement parce qu’un bail plus court serait plus confortable pour le propriétaire. Il doit correspondre à un motif d’éligibilité réel du locataire.
5. Le bail soumis au Code civil
Le bail soumis au Code civil peut être utilisé lorsque la location ne relève pas du régime habituel des baux d’habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989. Cette dernière s’applique principalement aux logements constituant la résidence principale du locataire.
Le bail Code civil peut notamment concerner :
une résidence secondaire louée à un particulier ;
un logement loué à une entreprise pour héberger un salarié ou un dirigeant ;
un logement de fonction, attribué en raison de l’exercice d’un emploi ;
plus largement, certaines situations dans lesquelles le logement n’est pas occupé comme résidence principale par une personne physique.
Ce bail offre en principe davantage de liberté contractuelle que les baux d’habitation classiques. Les parties disposent donc d’une marge de manœuvre plus large pour fixer certaines modalités, comme :
la durée du contrat ;
les conditions de résiliation ;
ou encore le montant du dépôt de garantie.
Mais cette souplesse a une limite très claire : le bail Code civil ne peut pas être utilisé pour contourner les règles applicables à la résidence principale du locataire.
Si le logement constitue en réalité sa résidence principale, le contrat doit relever du régime adapté, même si les parties ont signé un autre type de bail.
Autrement dit, le choix du bail doit toujours correspondre à la réalité de l’occupation du logement, et non à la formule qui paraît la plus avantageuse sur le papier. Le droit, cet empêcheur de “faire simple” quand le simple est faux.
À retenir
Les principaux baux à connaître sont :
le bail vide ;
le bail meublé classique ;
le bail meublé étudiant de 9 mois ;
le bail mobilité ;
et, dans certains cas spécifiques, le bail soumis au Code civil, notamment lorsque le logement n’est pas destiné à devenir la résidence principale du locataire ou lorsqu’il est loué dans un cadre professionnel particulier.
Le bon bail n’est pas celui qui semble le plus souple sur le papier : c’est celui qui correspond juridiquement et concrètement à la location envisagée.
Dois-je obligatoirement confier mon bien en gestion pour trouver un locataire ?
Non. Confier votre bien en gestion locative n’est pas obligatoire pour trouver un locataire.
Un propriétaire bailleur peut tout à fait gérer lui-même sa mise en location : publier son annonce, répondre aux candidats, organiser les visites, analyser les dossiers, choisir son locataire et préparer la signature du bail.
Il est toutefois important de distinguer plusieurs niveaux d’accompagnement, souvent confondus alors qu’ils ne répondent pas au même besoin.
1. La recherche de locataire
Vous confiez à un professionnel la mission de vous aider à mettre le bien sur le marché : diffusion de l’annonce, organisation des visites, réception et analyse des candidatures, préparation du bail, état des lieux d’entrée selon la prestation retenue.
Une fois le locataire installé, vous pouvez ensuite reprendre vous-même la gestion du logement.
2. La gestion locative
La gestion locative intervient dans la durée, après l’entrée du locataire.
Le professionnel assure alors le suivi courant du bien : encaissement des loyers, quittances, révision du loyer, régularisation des charges, échanges avec le locataire, suivi administratif, gestion de certaines demandes ou difficultés.
C’est une solution pertinente pour les bailleurs qui souhaitent déléguer une partie ou l’ensemble du suivi quotidien de leur location.
3. La gestion autonome
Vous pouvez aussi choisir de tout gérer vous-même, de la recherche du locataire au suivi du bail.
Cette option permet de conserver la main sur chaque décision, de choisir directement votre locataire et de mieux comprendre le fonctionnement de votre location.
Mais autonomie ne veut pas dire improvisation. Une mise en location réussie suppose notamment de savoir :
rédiger une annonce claire et conforme ;
fixer un loyer cohérent et juridiquement sécurisé ;
demander uniquement les bons documents au candidat ;
choisir une garantie adaptée ;
vérifier la solidité d’un dossier ;
établir un bail complet ;
anticiper les erreurs qui peuvent devenir coûteuses par la suite.
Une autre voie existe : être accompagné sans déléguer
Entre tout faire seul et confier entièrement son bien à une agence, il existe une autre façon d’avancer : rester autonome, tout en étant accompagné sur les étapes qui comptent vraiment.
C’est précisément l’approche de K.L.V. Conseil Immobilier.
Nous ne cherchons pas à récupérer la gestion de votre bien, ni à vous imposer un mandat. Nous mettons notre expertise à votre service pour vous aider à prendre les bonnes décisions, éviter les erreurs et sécuriser votre mise en location, tout en vous laissant pleinement maître de votre projet.
Selon votre besoin, nous pouvons par exemple vous aider à :
vérifier si le loyer envisagé est cohérent et conforme ;
relire ou structurer votre annonce de location ;
vous aider à choisir les plateformes de diffusion les plus adaptées ;
analyser les dossiers des candidats ;
vous orienter vers les garanties les plus pertinentes ;
vérifier la conformité du bail avant signature.
Vous gardez la main.
Nous vous apportons les repères, la méthode et le regard professionnel qui permettent d’avancer avec plus de clarté.
À retenir
Non, vous n’avez pas besoin de confier votre bien en gestion locative pour trouver un locataire.
Vous pouvez gérer votre mise en location vous-même, de manière totalement autonome.
Vous pouvez aussi déléguer seulement certaines étapes, ou vous faire accompagner ponctuellement.
L’essentiel est de choisir une solution adaptée à votre besoin réel, plutôt que de déléguer par réflexe ou d’avancer seul sans cadre.
Quelles plateformes choisir pour publier mon annonce ?
Il n’existe pas une seule plateforme idéale pour tous les logements. Le bon choix dépend de votre bien, de sa localisation, du public que vous cherchez à toucher et de la manière dont vous souhaitez gérer les candidatures.
Plusieurs sites permettent aujourd’hui à un propriétaire particulier de publier directement une annonce de location, avec des logiques assez différentes.
1. Leboncoin : pour une diffusion très large
Leboncoin est l’un des sites les plus utilisés par le grand public pour rechercher un logement. Il permet de publier une annonce de location et de toucher rapidement une audience très large.
Cette plateforme peut être pertinente si vous souhaitez :
donner une forte visibilité à votre annonce ;
recevoir rapidement des prises de contact ;
louer un bien situé dans un secteur où la demande locative est active.
En contrepartie, une diffusion très large peut aussi générer davantage de messages à trier. Il est donc important de préparer une annonce précise et de cadrer dès le départ les informations demandées aux candidats.
2. PAP : pour une logique claire de particulier à particulier
PAP est historiquement spécialisé dans les annonces immobilières entre particuliers. La plateforme permet aux bailleurs de publier directement une annonce de location, sans passer par une agence.
Elle peut être adaptée si vous souhaitez :
louer sans intermédiaire ;
toucher des candidats qui recherchent volontairement un contact direct avec le propriétaire ;
diffuser votre annonce dans un environnement spécifiquement pensé pour les transactions entre particuliers.
3. SeLoger : pour apparaître sur un grand portail immobilier
SeLoger permet également aux propriétaires particuliers de déposer une annonce de vente ou de location. Le site propose un espace dédié pour gérer les contacts reçus et suivre la diffusion de l’annonce.
Cette plateforme peut être intéressante si vous souhaitez :
apparaître sur un portail immobilier très identifié ;
toucher des candidats habitués à consulter des sites spécialisés ;
compléter une diffusion déjà faite sur d’autres canaux.
4. Gens de Confiance : pour diffuser dans une communauté plus fermée
Gens de Confiance s’appuie sur une communauté accessible par parrainage. La plateforme propose notamment des annonces de locations immobilières et met en avant une logique de réseau, de recommandation et de membres identifiés.
Elle peut être intéressante si vous souhaitez :
publier votre bien dans un cadre perçu comme plus sélectif ;
compléter les grands portails ouverts par un canal plus communautaire ;
toucher des candidats issus d’un réseau de recommandations.
Cela ne remplace évidemment pas l’étude sérieuse du dossier du candidat. Une plateforme peut inspirer davantage de confiance, mais elle ne dispense jamais de vérifier les pièces, la solvabilité et l’adéquation du profil avec votre location.
5. Faut-il publier sur plusieurs plateformes ?
Pas nécessairement. Publier votre annonce sur plusieurs sites peut augmenter sa visibilité, mais aussi multiplier :
les messages reçus ;
les appels ;
les visites à organiser ;
les dossiers à analyser.
Si votre logement est situé dans un secteur très demandé, une ou deux plateformes bien choisies peuvent suffire. À l’inverse, dans une zone plus détendue ou pour un bien plus spécifique, élargir la diffusion peut être utile.
Dans tous les cas, le choix de la plateforme ne remplace jamais la qualité de l’annonce. Pour attirer les bons candidats, votre publication doit rester :
claire ;
complète ;
fidèle au logement proposé ;
accompagnée de photos soignées ;
et conforme aux informations obligatoires.
Une annonce médiocre publiée partout reste une annonce médiocre. Internet ne fait pas de miracle, il amplifie surtout ce qu’on lui donne.
À retenir
Leboncoin : pour une diffusion large et très grand public.
PAP : pour une logique assumée de location entre particuliers.
SeLoger : pour être présent sur un grand portail immobilier spécialisé.
Gens de Confiance : pour diffuser dans un réseau plus communautaire et fondé sur le parrainage.
Le meilleur choix dépend de votre stratégie de mise en location. L’essentiel est de sélectionner les canaux les plus adaptés à votre bien, plutôt que de publier partout sans méthode.
Pour choisir un locataire, vous pouvez demander des justificatifs permettant de vérifier son identité, sa situation professionnelle, ses ressources et son domicile actuel.
Mais cette possibilité est strictement encadrée : la liste des pièces autorisées est fixée par décret. Vous ne pouvez donc pas réclamer librement tout document qui vous semblerait “rassurant”.
1. Une pièce d’identité
Vous pouvez demander une seule pièce d’identité en cours de validité, comportant une photographie, parmi les documents autorisés, par exemple :
carte nationale d’identité ;
passeport ;
permis de conduire ;
titre de séjour ou document justifiant du droit au séjour pour un candidat étranger concerné.
2. Un justificatif de domicile
Vous pouvez demander un seul justificatif de domicile, parmi ceux prévus par la réglementation, comme :
les trois dernières quittances de loyer, ou à défaut une attestation du précédent bailleur indiquant que le candidat est à jour de ses loyers et charges ;
une attestation d’hébergement ;
le dernier avis de taxe foncière ;
un titre de propriété de la résidence principale.
Le document demandé doit toujours être cohérent avec la situation du candidat. Une personne hébergée à titre gratuit ne pourra évidemment pas produire trois quittances de loyer. Le réel, cette chose parfois plus utile qu’une checklist automatique.
3. Des justificatifs d’activité professionnelle
Vous pouvez demander un ou plusieurs documents permettant de comprendre la situation professionnelle du candidat. Selon son profil, il peut s’agir notamment :
d’un contrat de travail ou d’une attestation de l’employeur ;
d’une carte professionnelle ;
d’un certificat d’identification de l’INSEE pour un travailleur indépendant ;
d’un extrait K ou K bis pour un commerçant ;
d’un document attestant de la qualité d’étudiant ou de stagiaire.
L’objectif n’est pas de classer les candidats par statut, mais de vérifier que leur situation est claire et documentée.
4. Des justificatifs de ressources
Vous pouvez également demander un ou plusieurs justificatifs de ressources, par exemple :
les trois derniers bulletins de salaire ;
le dernier ou l’avant-dernier avis d’imposition ;
les deux derniers bilans comptables ou une attestation de ressources pour certains indépendants ;
des justificatifs de versement d’indemnités, de pensions, de retraites ou de prestations sociales ;
une simulation d’aide au logement, lorsque le candidat souhaite la faire prendre en compte.
Là encore, la liste varie selon la situation du candidat. Un étudiant, un salarié en CDI et un entrepreneur ne présenteront pas le même dossier. Ce n’est pas un problème, tant que les pièces fournies permettent d’évaluer le dossier avec méthode.
5. Et si le candidat présente une caution ?
La caution peut elle aussi être amenée à fournir des justificatifs, mais là encore, uniquement parmi les documents autorisés par la réglementation.
La liste n’est pas identique à celle du locataire, même si elle repose sur la même logique : identité, domicile, activité professionnelle et ressources.
Nous reviendrons plus précisément sur ce point dans la question dédiée aux garants, cautions et garanties loyers impayés.
Ce que vous ne pouvez pas demander
Certaines pièces sont interdites, même si elles peuvent parfois sembler “utiles” au premier abord. Vous ne pouvez notamment pas réclamer :
un relevé de compte bancaire ;
un contrat de mariage ;
une carte Vitale ;
un extrait de casier judiciaire ;
ou tout autre justificatif qui ne figure pas dans la liste réglementaire.
Demander un document non autorisé peut exposer le bailleur à une amende administrative pouvant aller jusqu’à 3 000 € pour une personne physique, et 15 000 € pour une personne morale.
Un outil utile pour sécuriser la réception des dossiers
Le service public DossierFacile permet aux candidats de constituer un dossier numérique conforme et aux propriétaires de recevoir des pièces vérifiées comme complètes et cohérentes.
C’est un bon moyen de gagner du temps, de limiter les oublis et d’éviter de réclamer, par réflexe, un document qui n’aurait pas lieu d’être demandé.
À retenir
Vous pouvez demander des justificatifs, mais uniquement ceux autorisés par la loi.
Les documents doivent être adaptés à la situation réelle du candidat.
La sélection d’un dossier repose sur une analyse sérieuse des pièces utiles, pas sur une collecte excessive.
Un dossier bien étudié commence toujours par une demande de documents claire, proportionnée et conforme.
Lorsqu’un propriétaire met son bien en location, il est naturel de vouloir se protéger contre le risque d’impayés de loyer. Plusieurs solutions existent, mais elles ne fonctionnent pas toutes de la même manière et ne peuvent pas toujours être cumulées.
Avant de choisir, il faut donc bien distinguer les différents mécanismes possibles.
1. Garant ou caution : de quoi parle-t-on exactement ?
Dans le langage courant, on parle souvent de “garant”. Juridiquement, on parle de “caution” : il s’agit d’une personne physique ou d’une personne morale qui s’engage, par écrit, à régler les dettes locatives du locataire si celui-ci ne les paie pas. Cet engagement est formalisé dans un acte de cautionnement.
La caution peut notamment couvrir :
les loyers impayés ;
les charges locatives ;
les frais éventuellement dus en cas de retard de paiement ;
et, selon l’acte signé, les frais de remise en état du logement dégradé.
À ne pas confondre avec le dépôt de garantie, qui est une somme versée par le locataire à l’entrée dans les lieux et conservée par le bailleur pendant la durée du bail. Les deux notions sont très souvent mélangées dans le langage courant, ce qui est pratique pour semer le brouillard, nettement moins pour sécuriser une location.
2. Caution simple ou caution solidaire ?
Il existe deux formes principales de cautionnement :
la caution simple : le bailleur doit d’abord agir contre le locataire avant de pouvoir réclamer le paiement à la caution ;
la caution solidaire : le bailleur peut solliciter directement la caution dès le premier impayé, sans devoir attendre d’avoir épuisé les démarches contre le locataire.
En pratique, lorsqu’un bailleur accepte une caution, c’est généralement la caution solidaire qui est recherchée, car elle offre une protection plus directe en cas d’impayé.
3. La garantie Visale : une caution gratuite pour certains locataires
La garantie Visale, proposée par Action Logement, est une caution gratuite destinée à certains profils de locataires. Lorsqu’elle est accordée, Action Logement se porte garant auprès du bailleur et peut prendre en charge, sous conditions, les impayés de loyers et de charges, ainsi que certaines dégradations locatives.
Elle peut concerner notamment :
certains jeunes ;
des étudiants ou alternants ;
certains salariés selon leur situation ;
ainsi que d’autres profils répondant aux critères d’éligibilité en vigueur.
Le locataire doit obtenir son visa Visale avant la signature du bail, puis le bailleur doit valider le contrat de cautionnement dans son propre espace. Pour un propriétaire, c’est une solution à étudier sérieusement lorsqu’un candidat y est éligible.
4. Les organismes privés de cautionnement : Garantme, Cautioneo et autres solutions similaires
De plus en plus de candidats présentent également une garantie portée par un organisme privé de cautionnement locatif, comme Garantme ou Cautioneo. Le principe est le suivant : le locataire souscrit une garantie auprès de l’organisme, qui intervient ensuite comme tiers garant auprès du bailleur selon les conditions prévues par son contrat.
Ces solutions peuvent être particulièrement présentes dans les dossiers de candidats :
qui ne disposent pas d’un garant familial ;
qui ont un parcours professionnel moins “classique” ;
ou qui souhaitent renforcer leur dossier dans un marché locatif très concurrentiel.
Pour le bailleur, ces garanties peuvent constituer une option intéressante. Il reste toutefois essentiel de lire précisément l’attestation ou le certificat de garantie transmis, afin de vérifier :
le montant couvert ;
la durée de l’engagement ;
les dettes locatives réellement garanties ;
les éventuelles conditions de mise en œuvre ;
et les exclusions éventuelles.
Une garantie privée ne doit pas être acceptée “parce que le nom rassure” : elle doit être comprise avant d’être retenue. L’immobilier préfère les contrats lus aux logos élégants.
5. La garantie loyers impayés : une assurance souscrite par le bailleur
La garantie loyers impayés, souvent appelée GLI, est une assurance souscrite par le propriétaire. En cas d’impayé, l’assureur indemnise le bailleur dans les conditions prévues au contrat. Selon les garanties choisies, la couverture peut également porter sur certains frais de procédure ou certaines dégradations.
La GLI offre un cadre souvent rassurant pour le propriétaire, mais elle obéit à des critères d’acceptation fixés par l’assureur. Le dossier du locataire doit donc répondre aux conditions prévues par la compagnie, notamment en matière de revenus, de stabilité ou de justificatifs.
6. Entreprise, banque, organisme : une caution peut aussi être portée par une personne morale
La caution n’est pas forcément un parent ou un proche. Elle peut aussi être une personne morale, par exemple :
Action Logement dans le cadre de Visale ;
une entreprise ;
une banque ;
ou un autre organisme pouvant valablement se porter caution.
Dans certains dossiers, notamment lorsqu’un salarié est logé dans le cadre d’une mobilité professionnelle ou d’un recrutement, un employeur peut intervenir comme caution. Plus rarement, un établissement bancaire peut également proposer une garantie de type cautionnement bancaire.
Ces situations restent plus spécifiques, mais elles méritent d’être connues : tous les dossiers solides ne se présentent pas sous la forme classique “locataire + parent garant”.
7. Peut-on cumuler une caution et une garantie loyers impayés ?
En principe, non.
Un bailleur qui bénéficie d’une assurance loyers impayés ne peut pas exiger en plus une caution pour le même locataire. Une exception existe toutefois lorsque le locataire est étudiant ou apprenti.
De la même manière, un bailleur qui bénéficie déjà d’un cautionnement ou d’une assurance ne peut pas cumuler cette protection avec la garantie Visale.
Il faut donc choisir la garantie la plus adaptée au dossier, plutôt que de vouloir empiler les sécurités. Les garanties locatives ne fonctionnent pas comme des couches de lasagnes.
8. Alors, que choisir ?
Il n’existe pas de solution universelle. Le bon choix dépend :
du profil du candidat locataire ;
de l’existence ou non d’un garant physique ;
de son éventuelle éligibilité à Visale ;
de la présence d’un organisme privé de cautionnement ;
de votre souhait de souscrire ou non une assurance loyers impayés ;
et du niveau de sécurité que vous recherchez.
En pratique :
une caution solidaire peut convenir si le garant présente une situation claire et suffisamment solide ;
Visale mérite d’être étudiée dès que le candidat y est éligible ;
une garantie privée comme Garantme ou Cautioneo peut offrir une alternative intéressante lorsqu’elle est bien comprise ;
une GLI peut être pertinente si vous souhaitez transférer le risque vers un assureur ;
une caution portée par une entreprise ou une banque peut être recevable dans certains dossiers particuliers.
À retenir
Le garant est le terme courant ; la caution est le terme juridique.
La caution peut être une personne physique ou une personne morale.
La caution solidaire offre une action plus directe en cas d’impayé.
Visale est une garantie gratuite pour certains locataires.
Des organismes privés comme Garantme ou Cautioneo peuvent aussi apparaître dans les dossiers.
La GLI est une assurance payante souscrite par le bailleur.
Caution et GLI ne se cumulent pas, sauf exception pour les étudiants et apprentis.
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